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TORRIDE RENCONTRE

 

TORRIDE RENCONTRE

 

 

Ne bouge plus ! Tu es assise, là, sur le guéridon bleu, fascinante charmeuse et hydre sulfureuse. Garde la pose, jambes croisées, le torse droit, si fièrement cambrée, tes bras tendus juste derrière, en delta dissolu, trouble, si gracieuse beauté d’une chair frémissant de vagues déhiscentes aux résonances crues, pulsionnelles et charnues, fusant jusqu’à mes nues qui sont aussi ton ciel de femelle émergente, si avide prêtresse de ses sens vainqueurs qui donne rendez-vous à la femme du monde aux trompeuses pudeurs, que tu es par ailleurs, pour la chasser des décors de l’instant où l’essor de ton sang inonde ton regard, où gronde ton désir et coule ton envie de lascives folies, d’insatiables jouissances aux ondes ensorceleuses pour ce mâle conquis qui vibre devant Toi, fragile proie de tes appâts, de ton sourire de connivence, de l’appel de tes sens qui le convie aux bacchanales de tes licences flammes, insolentes agapes d’égérie démentielle pour son aède preux. Et ce mâle séduit qui s’enivre déjà de ton désir naissant et déjà impérieux, c’est moi, poète épris de l’immanence de tes émois. Pourtant, de tous tes charmes suggérés, encore dissimulés sous le voile de soie qui caresse ta peau, tantale d’ambre doux aux reflets langoureux, moite déjà d’une appétence d’intégrale possession, je ne devine que les formes voluptueuses. Elles sont parées de dentelles précieuses, invisibles berceaux de tes intimités. Mouvantes grâces elles ondoient telles algues capiteuses qui s’oublient sous les doigts d’un plongeur immobile, voyeur gratifié de tant de leur beauté. Ainsi je te regarde, subjugué. Tes yeux de biche qui m’envoûtent sondent les miens, provocants séducteurs en leur basic instinct ils brillent du désir féminin qui explose en ton être de mutante prêtresse qui décroise indolente tes jambes de sylphide déesse, grisantes et fluides enchanteresses, puis tu poses tes hauts talons sur les dessus de chaises accueillantes, complices agréments de ta luxure qui t’investit de son pouvoir, puis, avec raffinement tu désunies tes cuisses nues et m’offre la béance affolante de ta jupe fendue qui remonte, lascive jusqu’à l’aine tant leur tendre compas s’ouvre avec indécence, et tes yeux braseros qui me hèlent en hérauts me brûlent en mon entier d’incandescences folles. Alors, tes mains se perdent en cet antre soyeux aux lubriques moiteurs et entament la danse de jeux ensorceleurs. Tu me fais signe, tu me veux. Ta langue sibylline sur tes lèvres sucrées, amantes parfumées d’arômes sulfureux, lisse complice tes phéromones avides de l’homme que je suis, et darde hors de son nid, sirène qui m’appelle, l’essor exponentiel de tes charnelles envies. Je m’approche timide devant tant d’abandon bouillant d’excitation aux folles irrévérences, et ma bouche gourmande à la vertu fragile épouse leur débauche en goûtant tes baisers aux saveurs d’Éros. Et glisse sur ta peau, sous ta jupe fendue mes mains de découvreur vers tes mains onanistes, et tu vibres soudain en délicieux supplices de frissons déhiscents alors que nos baisers s’affolent en farandoles quand nos souffles s’étreignent en haleines mêlées. Mes doigts, écuyers audacieux s’insinuent sous ton string humecté de tes jeux en leurs premiers oublis torrides et fiévreux, puis pénètrent ta grotte aux sensuels replis. Ils explorent de ton corps avide de caresses le vallon cramoisi irisé de ton miel, si licite ecstasy, onctueuse libation où se noie en passion, mon implorante exaltation.

 

Évase ce compas où sourd ta source claire, ce béni paradis aux délicieux tourments dont je veux m'abreuver bien plus profondément à la lumière de mon désir, de ton plaisir fondant qui s’offre à l’amant et sacrifie aux dieux tes plus fervents élans lors enfin tu jouis en symphonie de délivrance à l’agonie efflorescente. Et je le vois, je le contemple longuement, ce temple de Vénus aux moelleux chatoiements de Ta beauté mature. Divins attouchements de mon regard troublé, symbiose, communion et frôlements d’ivresses de mes mains qui s’immolent, vestales dévoyées de leur pure chasteté en doux câlins mutins de mon âme effrontée. Je suis accroupi, là, vorace spectateur du tendre de ta vie qui ruisselle à l’envi, mâle tétanisé, hypnotisé par cette fleur au calice purpurin, « Ta » fleur d’Amour qui éclôt en mouvances lascives berceaux de feux de tes soupirs. Elle m’appelle, me supplie, et je mue papillon butineur, j’en aspire les sucs, les plus précieux qui soient, les Tiens ; gourmet, gourmand, goulu, je m’en repais, je lèche, embrasse autant que je mordille, à en devenir fou, ivre de Toi, de Nous, trop pressé, trop pressant, peut-être maladroit de ne plus être moi, mais que sens en outrances, fulgurances d’émois. Alors, de tes menottes agiles qui agrippent mon cou, tu guides mon visage de nouveau vers le tien pour un baiser goulu, et tes deux tourterelles viennent happer l’oiseau, et qui tant rêve d’elles, comme elles rêvent de lui, de sa fécondité. Elles viennent le coiffer en effleurements doux et lui ouvrent leur porte en douce volupté d’ardente mélopée, et l’oiseau, mon oiseau de chair épanouie, turgescente et saisi de spasmes d’irradiance à la pleine puissance d’un rut inassouvi va boire là, à ta source où toi tu l’as enfoui pour enfin s’y baigner en clapotis d’ivresses qui damnent ma raison quand mille de nos cris consacrent notre union. Nous fusionnons enfin en éclairs de feux, lèvres soudées, seins contre seins, caresses, chatteries et tendresses exaltées, nos mains ne savent plus ou reposer leurs faims, d’Amour et de beauté, jusqu’à leur satiété, quand, fulgurante expire, en nous enfin comblés chavirent nos jouissances qui se soudent entre elles, en une seule unique et fusionnelle clarté d’elles deux composée, et nous sombrons à tire d’ailes en ses derniers sursauts qui la rende plus belle où nos corps épuisés s’affalent et glissent à terre, sur le douillet tapis complice tendre de nos oublis, débonnaire compère de nos lices hétaïres qui nous accueille unis, noyés en nos soupirs, halètements, effleurements, sourires, regards qui se boivent, paroles qui se donnent, cœurs s’abandonnent et fleurissent ainsi ces fols embrasements de notre amour vainqueur, et nous gisons ainsi, amants et maîtresse assagis, en mélange de corps nourris de nos envies qui tant auront pris vie et tant auront frémi, enfin épanouies en ce bonheur mâtin, pour nous deux souverain. Puis, nous attendons l’heure de nouveaux appétits. Et comme tu es belle ainsi que tu somnoles ! Et je dois être beau, tellement moi aussi, puisque tu m’as paré, en si chaude harmonie, de ton irrépressible envie de jouir haut en ce lit libido que « Ta vie », en cadeau sans pareil a offert à ma treille d’Amour en cet instant béni par le dieu des passions, gravé et pour toujours en la félicité de mon corps qui s’endort, de mon âme anoblie ivre de tes décors, riche de Tes Trésors.

 

Bientôt, il me faudra partir. De notre intimité, le temps nous est compté ; À un prochain assaut, en un si doux combat, peut-être conviera-t-elle encore nos émois, les velours de nos peaux, l’ivresse de nos bras ! Oui, cela sera peut-être, ou bien ne sera pas ! Mais, pour toujours ce sera « Toi » qui m’auras révélé. Je ne suis plus cet homme aux horizons fermés, aux mirages fugaces qui se sont effacés tant ils m’avaient lassé, que je n’ai qu’enlacés car ne m’étant donné seulement qu’à moitié jusqu’à cette heure à « Toi », car c’est « Toi » qui m’auras libéré, ici bas, de mes chaînes comme de mes livrées. Et tu rayonneras, Déesse sur ma terre, Torride en ta lumière, celle qui m’a fait roi.

 

Et de mon être entier je souhaite que « Tes » pas et tout ce qui fait « Toi », m’offrent encore « Tes » bras… En « Nos » bals d’émois.



25/02/2022
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