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AMOUR COURTOIS - S'IL N'Y EUT CETTE GARE...

AMOUR COURTOIS

 

PETIT JEU D’ÉCRITURE ENTRE ELLE ET MOI…

 

C’était hier ! Bien des lustres ont vécu depuis cette année-là. Or je ne l’oublie pas car vibrait, singulier, son climat parfumé de nos souffles complices qui ne se séduisaient que chimériquement, n’osant plus loin prolonger l’aventure, redoutant en leurs chairs une fois assouvies y noyer ce troublant sentiment ami verbe « Aimer » qui n’aime pas autant en ces élans gourmands des corps enlacés, fussent-ils espérés, fort inégalement, s’effleurant seulement en virtuels ballets aux Désirs de tendresses au demeurant charmantes, mais hors ces feux de sangs jouissant à l’envie jusqu’à vives éruptions des laves parturientes d’étreintes trop ferventes offertes à l’envie pour y jouir sans frein en fauves litanies ; la nôtre était galante, et seulement ainsi, courtoise et innocente.

 

LUI était son amant et MOI son confident, mais aussi soupirant d’ELLE, cette femme pour qui nous frémissions en désirs de fusions qu’ELLE savait inviter à ces fêtes ardentes, à eux seuls consacrées, pour l’un en ciel de lit aux jouissances folles, pour l’autre en seuls écrits plus mutins que frivoles.

 

 

-/-

 

 

RENDEZ-VOUS AVEC… LUI !

 

« S’IL N’Y EUT CETTE GARE »

 

ELLE :

 

Ses pas feutrés, empressés, survolent la moquette épaisse du long corridor de cet hôtel cossu. Attentivement, elle lit son numéro sur chacune des portes closes qui s’enchaînent pourtant avec tant de cette implacable logique mathématique tellement éloignée de ses rêves de feux, ses espoirs licencieux, de ce brasier charnel d’amour sacramentel dont tout son corps frémit quand son cœur y gémit cette prière universelle dédiée à la vie offrant ses ritournelles à son âme troublée toute parée de ses dentelles, de tant de ses oublis. Elle ne prend pas le temps d’imaginer l’essence des mystères d’envies ou de trop sombre ennui que protège chacune de ces chambres bien closes ; son esprit est ailleurs, tout à sa frénésie tant imprégnée de peur de le retrouver, Lui, ce puissant séducteur, au secret de son lit. Alors elle s’y reprend, incertaine, à deux fois, si prête encore à fuir, à inverser ses pas en une pirouette bouleversée par trop d’intense émoi quelque part coupable, pour enfin découvrir le numéro sésame de la chambre espérée, et comprendre que cette porte-là, déjà entre-baillée en son invite experte, l’attend pour la cueillir, Elle, l’amante désirée, en son chaud gynécée pour sens débordant de sensualité, et d’Amour libéré de tous ses interdits. Mais, oui, c’est bien ici, pas de doute possible, elle doit forcer sa voie et héler son courage, encore un pas, un seul, irréversible ; saura-t-elle le franchir ? Une pause s’impose, torture son esprit, puis elle suit son désir de le rejoindre, Lui, qui l’attend et sourit, qu’elle ne voit pas encore. Elle quitte ainsi son quotidien aux si fades caresses pour pénétrer en l’inconnu plein de promesses aux ablutions de sa vertu qu’elle va immoler en immorales transes dédiées à Cythère, embrassant l’adultère pour la première fois, future maîtresse de ce roi qui l’attend autant qu’il la vénère, si sublime princesse de son présent en liesse. Un ultime soupir balaie alors bien loin d’elle toutes ses craintes inopportunes et ses remords abscons en leurs pensées rebelles. Elle va vivre enfin sa vie sacramentelle, celle tant fantasmée qui la rendue si belle pour l’amant, nimbée de son mystère mutin, prête pour ce banquet de chairs qui l’attend, là, de cet autre côté de la porte interdite qu’elle consent à pousser acceptant son invite, qui la tend à souffrir de son fervent tourment, basculant à jamais en la faute si crainte aux troublantes étreintes que déjà elle pressent, alors que derrière « Elle », complice cette porte si doucement se ferme pour clore ainsi leur nid, d’Amour encore inassouvi.

 

« Lui » n’entend pas en entremise la porte derrière « Elle » chuchoter sa ferveur, se clore sur ses langueurs à « Elle », gracile silhouette qui se dessine alors dans l’obscur épicé savamment composé par ses soins adultères, et la voilà, « Elle » en corps, au port si raffiné en l’antichambre d’une petite mort qui la hèle si fort. Le temps n’a plus d’espace, Les rideaux sont tirés, quelques rais de lumière de cette fin d’été tamisent l’ombre suave si propice aux élans d’oraisons, de passions tantales en son mi-temps vainqueur percé de tant d’ajours libérant les pudeurs des âmes et des corps, des cœurs prêts pour l’Amour.

 

Alors elle pose lentement son sac sur une chaise accorte, avance à peine, à petits pas feutrés, afin de ne le découvrir qu’avec parcimonie, « Lui », sur le lit étendu et tant gorgé du sang de ce fruit défendu qu’ils vont croquer ensemble ; elle repense à présent, tout près du sacrifice, à ce long temps d’attente qui su faire son office affûtant ses envies, dont elle veut déguster, pleinement habitée, enivrée des licences de tous leurs sens exacerbés, chaque minute, chaque seconde, infiniment féconde. Plus rien n’entrave leurs enlaces, elle peut distiller son approche, mesurer son avance, s’offrir ainsi le luxe d’un bref instant d’arrêt, Les yeux noyés en la beauté de cet éphèbe dénudé dont elle rêvait, hélant, mimant l’étreinte en gâteries non feintes qu’elle lui offrait hier en jouissances claires qu’elle revendiquait face à des cieux encore austères, « Elle » qui prise à présent son parfum à « Lui », inhale longuement le charme étourdissant de son corps appelant, à « lui », oui, cet amant qu’elle chérit, aux traits de feux si passionnés pour sa beauté à « Elle », celui qu’elle veut goûter dans ses bras enlacés en sauvages envolées, jusqu’à en perdre haleine.

 

 

 

S’il n’y eut cette gare c’est peut-être ce que j’eus pu t’écrire.

 

 

 

MOI :

 

S’il n’y eut cette gare ! Oui, mais la gare était là ! Alors, je ne sus de tes mots les douceurs, juste l’accroc vainqueur que cette gare infâme infligeait à ton âme. Si elle ne fut pas là j’aurais bu tes émois, mais je ne les bus pas. Et je restais prostré face à l’irréversible inconcevable, car mon cœur trop sensible avait tissé pour Toi autre destin de roi, pour moi demeurant en retrait, pour lui aussi, quoique je m’en défende, en un secret endroit où je ne serais pas, mais je n’y pensais pas à l’heure de l’écriture. Car la gare était là, vrais décors de tes pas, de ses pas, et de mes pas absents, de tant de pas troublés d’amants en rendez-vous pour un suave instant d’étreintes amadou, pour ce voyage d’abandons où le temps n’a plus court, éternité d’une heure, d’un jour, et si complice en effusions d’Amour. Oui, mais la gare était là, ne la renions pas.

 

Oublions cette gare pour une route affable, un chemin apprêté, une rue affinée, une allée anonyme si prestement, si lentement longée, pour s’abriter, enfin, en ce douillet écrin d’une chambre d’émois, où tes mots découvrirent les nuances choisies d’un sentiment subtil aux délicates ombres, aux éclats de l’envie. Ils se sont dénudés, la gare avait vécu, seule rayonnait cette sente fiévreuse tendrement parcourue pour atteindre les nues d’un univers galant aux mille enchantements de vos sirènes ensorceleuses.

 

Alors, je les ai lus, avec volupté. L’émotion dans mes yeux épousait leur beauté, Ta beauté, et mon cœur palpitait, fébrile métronome, quand mon corps se tendait de tout mon désir d’homme. J’étais en cette chambre où nous allions mourir d’une petite mort en licencieux soupirs, oui, je l’étais depuis longtemps déjà. Je t’attendais fervent, durant de longues heures, tous mes sens éveillés frémissaient impatients d’une intense ferveur, amoureux, licencieux dans la langueur d’un temps qui guettait ta venue. J’ai entendu la porte en un bruit si ténu, mais je n’ai pas bougé, respectant ton mystère, pourtant, je tremblais tant, impuissant en ma terre, de troubles empressements.

 

Étais-je nu, où m’étais-je apprêté d’une élégance rare ? Je le saurai bientôt si la suave grâce de l’envie de tes mots m’offre ta volupté de femme au corps berceau parée pour sa passion d’émois enluminés, parfumée de mixtions qui sauraient m’emporter plus loin que de raison.

 

 

 

Telle est ma réponse, belle amante de cœur !

 

Je l’ai conjuguée à la première personne du singulier alors que la troisième préside dans ton texte initial. Ce n’est pas incompatible grammaticalement, encore moins en notre virtuel partage. En fait, cette troisième personne permet de s’approprier le contenu d’un écrit puisqu’il nous laisse le choix par son imprécision naturelle pour se l’attribuer ou non, tel notre désir. Alors, je n’hésite pas à faire mon choix, ce doux choix d’un rêve frémissant.

 

J’ai aussi uni en un poème épris nos textos du matin. C’est un poème court, mais issu de NOUS, ce TOI et LUI, MOI, alors… Je l’ai composé en quatre versions, différentes bien sûr ! En la dernière et sous ce « Ils », ne lis surtout pas une quelconque allusion à une autre interprétation de nos mots échangés, surtout pas ! Simplement, je trouve, du point de vue poétique, que l’imprécision de ce « Ils », dans la conjugaison provoque une ambiguïté de compréhension agréable, car il oblige à une lecture plus attentive pour déterminer ou aussi choisir qui est qui à certaines articulations du texte qui mettent en scène chacun des impétrants. Un exercice de style en somme, rien de plus que cela, par amour des mots, et surtout de ce jeu passionnant qu’ils nous offrent.

 

 

POÈMES TEXTOS / FUSIONS DE MOTS

 

 

MOI sans TOI

 

Mes baisers sans effets

Se lovent sur ton corps

Qui ailleurs se repaît.

 

Ils caressent ta peau si sensuellement,

Que j’en frémis d’envie et de plaisir,

Bien virtuellement. Et se tend mon désir

Vers fade dénouement privé d’enchantements,

 

Si rabougri sans ta chaleur.

Mais palpite mon cœur

Ivre de ta beauté.

 

 

 

 

TOI et LUI

 

Ses baisers de palais

Se lovent sur mon corps

Distilent leurs effets.

 

Ils caressent ma peau, si sensuellement,

Que j’en frémis d’envie, et de plaisir,

Si délicatement. Et se tend mon désir

Sous leurs enchantements, vers son doux dénouement.

 

Les miens s’oublient en sa chaleur

Où palpite mon cœur,

Ivre de volupté.

 

 

 

 

Tels je vous imagine, MOI!

 

Tes baisers de palais

Se lovent sur son corps,

Distilent leurs effets.

 

Lui caresse ta peau si sensuellement

Que tu frémis d’envie et de plaisir.

Si délicatement se tendent vos désirs

Vers l’enchatonnement de vos tendres tourments.

 

Les siens s’oublient ailleurs,

Où palpite ta Fleur

Ivre de volupté.

 

 

 

ENFIN, en « Ils »

 

Leurs baisers de palais

Se lovent sur leurs corps,

Distilent leurs effets.

 

Ils caressent leurs peaux si sensuellement

Qu’ils frémissent d’envies et de plaisirs.

Si délicatement se tendent leurs désirs

Vers enchatonnements de leurs tendres tourments.

 

Certains s’oublient ailleurs

Où palpite une fleur

Ivre de volupté.

 



21/09/2021
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