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MATIN D'AUTOMNE

MATIN D’AUTOMNE

 

 

Et mon parc s’éveille ! Se dissipe sa brume, d’une bien triste humeur ; Je la chasse, mais avec bonhomie, elle le sent, presque m’en remercie. Alors, déconcertée, soumise à mon envie, elle ôte doucement et presque dans l’instant sa mante trop humide de larmes froides encore qui sombrent en suspension de peine dans l’azur, contrainte à l’abandon de sa mélancolie pour épouser mes cieux en renouveau choisis de lumière et de vie, et dissoudre cette âme qui périt trop percluse de blessures aux si grises couleurs, en celle de ce puissant soleil vainqueur de l’obscur, qui la boit, que j’oublie. Il darde ses rayons d’arrière-saison feutrée, flammes en renaissances aux douces retenues, l’enlace en cosmique fusion plus pure que la vision, si astrale résonance que l’œil, et mes pensées aussi ne la perçoivent plus, mais s’en gavent à l’envie. Ma souffrance s’enfuit, tout irisée de fraîches gouttelettes encore en sursis. Son gazon scintillant renaît au jour, en rédemption, et se gorge gourmand de cette fulgurance matutinale, troublante amante de son réveil. Une brise légère promène son entrain en frémissantes frondaisons encore ensommeillées, et prodigue à leurs fûts centenaires et leurs nobles ramures, comme aux tout jeunes baliveaux enviant leurs envergures, ses sensuelles caresses ; et leurs feuilles, canoniques déjà, nostalgiques d’un été déclinant, frissonnent de tous leurs feux sous les jeux licencieux de ce zéphyr charmant, en chatoiements chantants de délicats pastels et nuances rebelles.

 

Chaude prégnance aux fraîches heures, cette aube de clarté en symbiose complice lève le voile cruel qui me rongeait le cœur, et mes yeux asséchés à Phébus vainqueur offrent ma délivrance. Hier, mon regard n’était plus que sombre cécité, or, en cet entre-deux précédant son aurore, ouatée, il vient de s’affranchir de pensées aux guipures charnelles qui me rongeaient les sangs autant que la cervelle, et ne boit de l’éther, qui se prête à sa main, qu’effluves de bois vert et de terre mouillée, en fragrances d’espoir à mon désir mêlées. Un parfum de bonheur, sémillant et mutin, me sourit ce matin. Je vais l’accompagner.

 

Alors, si lourds hier, mes pas, régénérés, invitent aujourd’hui mes pieds neufs aux labours, quand ma tête hors d’un drame, sa douleur envolée, voit comme elle les vit, ces éclats de ton charme toujours aussi jolis, avec ma volupté domptant ses appétits, mais toujours choie en corps, ton regard sans fard. Déjà, timides enjolivures, j’ai croisé quelques lueurs joyeuses et je les ai happées avec béatitude, elles brillaient aux prunelles de destinées heureuses qui gambadaient là-bas, en ce moi singulier tissé de tant d’émois qui m’ont toujours construit et guidé sur ma voie, ici où là, en ces sentes secrètes de sous-bois ignorés m’invitant à leurs fêtes ou à leurs âpretés.

Or, aujourd’hui à tous ces lendemains bien incertains de mon destin, pour qu’ils offrent leurs ailes à mes félicités, là, sur les allées de ce parc en éveil, délié de son malheur, j’ouvre mon cœur en grand pour un nouveau bonheur régénérant mon sang d’insatiable rêveur si gourmand de saveurs aux tourments ravageurs, ou de contes d’enfant tout parsemés de fleurs aux couleurs du printemps.



16/07/2021
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