amour-passion-desir-et-poesie

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J'ETAIS POUR LUI, SUR ELLE...

J’ÉTAIS POUR LUI, SUR ELLE…

 

 

Il est là, je ne le vois pas, je ne suis qu’une pièce d’étoffe, mais précieuse et choisie, en totale harmonie avec Elle, tellement évocatrice des états de son âme à Elle, qui l’admire Lui, éperdue comme irradiante aussi en cet instant magique de la rencontre. Lui, je ne le vois pas, je le devine simplement aux soudains et profonds frémissements qui irisent sa peau à Elle, fragile résonance de son trouble transport quand son regard à Lui se pose sur son minois ému et souriant à souhait, cependant presque inquiet. Saura-t-elle encore intimement lui plaire, tout comme en cet hier qui nourrit depuis lors ses rêves d’aujourd’hui ? Ses yeux boivent les siens, abandonnés en leur beauté, amoureuse langueur qui attise les sens comme elle unit les cœurs. D’Elle il s’approche alors, précautionneusement pour ne pas la brusquer, ceint sa taille gracile de ses bras d’homme désiré, puissants et tendres, si sûr de lui, de son mâle pouvoir sur sa femelle envie de se coller à Lui, et leurs lèvres si tendres s’affirment en ce premier baiser ; ainsi soudées, sans un mot prononcé prennent un instant la pose, puis glissent leurs désirs enfin récompensés en caresses mouillées chaudes comme la braise où le ballet mouvant de leurs langues gourmandes, en joutes d’émotions, les berce longuement sur les ailes d’un temps où s’oublie la raison en deux souffles ardents conjuguant leur passion au délicieux présent de leur enlacement, en un seul firmament paré d’enivrements pour amants enfiévrés, au plus près incarnés par tant de volupté passionnément offerte, accueillie plus encore, gynécée d'une quête qui condamne la mort.

 

Pour Lui, Elle m’avait apprêtée, s’était faite jolie, plus désirable aussi, par mon port embellie au secret de son corps en ses traits d’abandon, puis sublime maîtresse en sa prédestinée, juste me revêtant elle s’était sublimée, et si lascivement, en prélude au bonheur, au plaisir grand seigneur pour les feux de son sang. En deux boucles charmantes, tentatrices vraiment, elle avait su nouer sur ses menues épaules aux courbes déliées mes attaches charmeuses. Mes plis ensorceleurs épousaient de si près sa chaleur exaltée de se savoir l’Aimée en éveil d’Amour. S’offrait ainsi parée de tous mes entrelacs savamment affétés, sa chair ambrée de femme qui se sait espérée avant de se donner pour mieux s’abandonner. En avenants contrastes, céleste, diabolique, oblongue perle d’ambre, sa chair si troublante et tout aussi troublée, sous toutes mes trouées s’offrait en tendres fleurs de son désir baignées, auréolées d’envies qui osaient s’avouer. Lui percevait d’instinct ses effluves musqués, immanences sacrées de sa beauté charnelle aux sensuels élans si lourds et fervents, de sa femelle incandescence à peine retenue pour mieux se dévoiler en de secondes nues, naturelle impudeur affranchie, consentante en grand « Oui », n’espérant plus qu’abolition de convenances vaines, comme à trop petit prix entre Elle et Lui, s’offrant en soumission aux intimes passions de folles allégeances, si douces pénitences bénissant leur union.

 

Ainsi j’étais, sur son corps séducteur cette seconde peau aux chatoiements ensorceleurs, mouvant écrin de sa féminité en licencieuse acmé ; j’en épousais chaque contour, chaque grain en folie de sa chair en oublis, et mes plis chatoyants en lascifs drapés, chaînes et trames de luxure, vagues de soie suaves pour voyage d’émois, dévoilaient ses appâts entêtants, plus que sa nudité impudique et rebelle, la plus leste soit-elle.

 

Alors, entre ses doigts pressants, aussi timides qu’audacieux, il se saisit des brins gracieux de mes si doux rubans, les dénouant avec tant d’élégance pour l’affranchir de mon étreinte amie, mais trop sage à présent, qui l’obligeait encore. Et je glissais ainsi, lascive soie, vers le sol de mon trépas en une langoureuse et infinie délicatesse, égale en cela à la sienne, en mon éperdue jouissance caressant chaque courbe adulée, acidulée, de son corps de déesse, ruisselante parure sacrifiée à leur fièvre attisée de chairs enamourées, flammes en mer de Cythère fécondant une terre en ses flots passionnés, si tendre îlot de leur félicité.

 

Elle était nue sous mon fourreau de grâce, moulant vertige du regard, déhiscente fontaine, érectiles bourgeons, femme sublime en pâmoison, maîtresse de la vie aux mille attentions pourpres pour leurs mille folies. Et il lui fit l’amour, si virile oriflamme, qu’elle s’immola longtemps entre ses bras fervents en incendies puissants, et le ciel tout entier troublé de leurs tourments embrasa sous ses voûtes leurs noces rouge sang, et leurs soupirs d’amants en l’Amour jouissant.

 

Moi, je n’étais plus rien, devenue importune je gisais sur leur sol où pleurait mon destin de n’être que prélude pour Plaisir Souverain d’Êtres du genre humain, en leur béatitude.



13/06/2021
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